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Le nouveau Maire de Briançon, Arnaud Murgia, refuse de prolonger la convention d’occupation des lieux du Refuge Solidaire et du local technique des maraudeurs et enjoint les occupants à partir avant le 30 octobre.

Là on ne comprend plus… En pleine crise sanitaire et alors que les autorités de tout poil nous racontent de belles histoires de solidarité, qu’il faut sauver des vies, visiblement certains édiles ont une vue parcellaire de l’humanité. Si certaines vies en valent plus que d’autres alors c’est que nous avons affaire à un gros baratin. En effet, la fermeture de ces deux lieux essentiels pallient aux carences d’accueil d’êtres humains en perdition dans nos montagnes et qui sont en danger de mort. Aucune alternative n’est proposée pour l’heure aux associations et bénévoles et les occupants du Refuge vont se retrouver tout bonnement à la rue.

Tous les haut-alpins savent le travail de secours et la longue histoire du territoire en matière d’accueil des personnes en exil, parce qu’à l’instar des gens de mer, les montagnards savent tous les dangers d’une terre difficile qui ne laisse que peu de chance à ceux qui s’y perdent.

Les associations, bénévoles, habitants du briançonnais ont publiés une tribune dans le journal Libération et ont lancé une pétition que vous pouvez signer ICI. Edgard Morin, Michèle Rubirola, Le collectif du bateau Louise Michel, I am, Ariane Ascaride… (retrouvez ici la liste des signataires) Ils sont plusieurs dizaines de personnalités a avoir signé cet appel pour que la Communauté de commune intervienne et pour que cesse la pression sur les actions en faveur des migrants, qui s’est renforcée ces derniers temps. A Calais, le Ministre controversé de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a carrément interdit aux associations de terrain d’apporter l’aide alimentaire et humaine aux personnes exilées en attente de solution. Avant que d’exiger qu’on revête à l’école une tenue républicaine, le pouvoir serait bien inspiré d’en avoir un minimum de conscience.

Il y a quelques semaines, le recours à la force était autorisé par la nouvelle Préfète des Hautes-Alpes, Martine Clavel, pour expulser des personnes sans domicile (en exil ou non) sans avoir au préalable prévu d’alternatives pour tous, du CESAÏ à Gap. Dans la Vallée de la Roya, les contrôles se renforcent et la militarisation des frontières également. Le plus étonnant est l’utilisation d’un précepte fasciste par cette forte poignée de notables qui brandissent le sulfureux « appel d’air ». Soit ils sont complètement incultes, et se pose la légitimité de leurs décisions hasardeuses, soit c’est délibéré et nous vous laissons tirer la conclusion de la dérive en cours. Il faut donc le redire: L’appel d’air ça n’existe pas. C’est une vue de l’esprit qui n’est validée par aucune étude et qui a été inventée par l’extrême-droite comme le fameux « grand remplacement » fantasme politique visant surtout à remplacer la démocratie par une dictature fondée sur la xénophobie et le racisme.

Le « délit de solidarité » ayant été retoqué par le Conseil d’état, il semble que les autorités en place optent pour une stratégie de la peur au mépris de toute notion d’humanité de liberté, d’égalité et de fraternité, qu’ils ont gravés sur le marbre de leurs frontons… Comme on grave une pierre tombale plus qu’une devise à laquelle on se réfère.

L’accueil sans condition ne peut pas relever de choix idéologiques politiques. C’est une donnée humaine fondamentale qui dépassent les querelles, les partis pris. Pour rappel, une frontière fermée est un fait de guerre pas une barrière inéluctable ou indépassable. Nous ne sommes pas propriétaires, nous ne sommes que résidents d’un territoire, participants d’une organisation sociale fondée sur des valeurs humaines qui ne peut pas être remise en cause au bon vouloir d’un petit édile local qui veut se faire une réputation sur le dos de tout un territoire.

Leo Artaud

Archive Leo Artaud-AARimages: Marche des migrants

Communiqué de TOUS MIGRANTS:

Appel à soutiens pour que le Briançonnais reste un territoire solidaire avec les exilés

21/9/2020

Terre historique de passages d’hommes et de femmes à la frontière entre la France et l’Italie, le Briançonnais a vu se développer sur la période récente un remarquable réseau de solidarité et d’hospitalité venant au secours des exilés qui, au péril de leur vie, ont franchi cette frontière et leur offrant, avec le soutien des autorités locales, un refuge temporaire. Le maire de la ville de Briançon, nouvellement élu, a décidé de fermer ce refuge ainsi que le local des secours. Bénévoles et associations se mobilisent aujourd’hui pour s’opposer à cette décision aux conséquences humanitaires dramatiques.

Depuis cinq ans, plus de 11 000 hommes, femmes et enfants jetés sur les routes de l’exil ont traversé au péril de leur vie la frontière franco-italienne haute-alpine, souvent dans la nuit, le froid, ou la neige, au milieu de montagnes dont ils méconnaissent les dangers. Tous ont ensuite transité une ou quelques nuits par Briançon, brève escale dans leur périple migratoire.

Un élan de solidarité, porté par des centaines de bénévoles, organisé par des associations et soutenu par la Ville et la Communauté de communes du Briançonnais, a permis de mettre à l’abri et d’accueillir dignement toutes ces personnes :

  • Un lieu d’accueil d’urgence offre depuis trois ans à ces exilés de passage, hébergement, nourriture, soins, vêtements, conseils juridiques sur le droit d’asile et chaleur humaine. Installé dans un bâtiment mis à disposition par la Communauté de communes, il est géré par l’association Refuges Solidaires.
  • En amont, dans la montagne, des maraudeurs solidaires portent secours aux exilés en danger – perdus, épuisés, en hypothermie -, avec l’appui de Tous Migrants et Médecins du Monde. Sans les maraudes, le bilan de cinq morts et trois handicapés à vie que la région a connu ces trois dernières années aurait été encore plus terrible. Un local technique a été mis à disposition de Tous Migrants pour le stockage du matériel de secours en montagne.

Il s’agit d’une initiative d’accueil exemplaire, mise en lumière par les médias du monde entier et récompensée par l’attribution de la mention spéciale du prix des Droits de l’Homme 2019 de la Commission nationale consultative des droits de l’homme à l’association Tous Migrants.

Cette mobilisation est aujourd’hui mise à mal par la décision du nouveau maire de Briançon et président de la Communauté de communes, Arnaud Murgia, de fermer le refuge solidaire et le local technique des maraudes (1).  

Il s’agit là une entrave grave aux opérations de secours et d’accueil des exilés, mettant leur vie en danger.

La décision du maire, si elle est exécutée, aurait également pour conséquence de jeter les exilés à la rue, ne leur laissant d’autres solutions que de dormir dans les espaces publics, alors que les températures nocturnes frôlent déjà zéro degré dans Briançon, et qu’il est physiquement impossible de survivre à l’extérieur en plein hiver. Ce faisant, le président de la Communauté de communes créerait les conditions d’un véritable drame humanitaire, avec de nouveaux morts en montagne et à nos portes. Il en porterait l’entière responsabilité morale.

Au-delà, il s’agirait d’une atteinte grave au droit des associations et bénévoles de s’organiser pour porter secours. En exigeant la fermeture de ces deux lieux complémentaires et indispensables au bon fonctionnement des opérations humanitaires, le nouveau maire fragilise l’écosystème associatif et bénévole local, et tourne le dos à la plus élémentaire solidarité montagnarde. Cette attitude fait écho aux récentes interdictions de distribution de nourriture dans le Calaisis, à la fermeture du centre d’accueil de la Croix-Rouge près de Menton, aux amendes infligées aux bénévoles humanitaires durant le confinement et plus largement aux atteintes grandissantes portées aux actions associatives et collectives.

Le devoir d’assistance à personne en danger est un devoir moral et juridique ; il s’impose à toutes et tous : citoyens, associations, mais aussi et d’abord collectivités territoriales et État. Le fait que les gouvernements européens ne respectent pas leurs obligations en matière de sauvetage et d’accueil des personnes, et qu’ils ferment volontairement les yeux sur les drames humains dont l’actualité se fait chaque jour écho, en Méditerranée comme dans les Alpes, n’exonère personne.

Nous, bénévoles et associations actives sur place, dont Refuges Solidaires, Tous Migrants, le Secours Catholique, Médecins du Monde, ne sommes pas résignés. Pour éviter de nouveaux drames, nous continuerons à accueillir, secourir et exiger le respect des droits des personnes exilées.

Parce que nous refusons que nos montagnes deviennent un cimetière, à l’instar de la Méditerranée, parce que nous refusons qu’une personne, quelle qu’elle soit, se retrouve à la rue, nous appelons citoyens, associations, institutions, élus, collectivités à soutenir notre combat pour la mise à disposition des locaux indispensables au secours et à l’accueil digne des personnes exilées et en détresse, le respect de leurs droits fondamentaux et l’arrêt des poursuites contre les bénévoles, les associations et les défenseurs des droits.

________
(1) 
En effet, la nouvelle municipalité a adressé au Refuge Solidaire une mise en demeure de quitter le lieu d’accueil au plus tard le 30 octobre (et ne souhaite pas renouveler la convention d’occupation, arrivée à échéance le 30 juin dernier). Elle a aussi décidé de ne pas renouveler la convention de mise à disposition du local technique maraude utilisé par Tous Migrants et Médecins du Monde. Le « Refuge Solidaire » et le local technique des maraudes sont ainsi sous la menace pressante d’une fermeture.

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