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© copyright Julien Royer

Nous sommes tous d’accord pour dire que nous vivons une époque fort minable. Mais une fois qu’on a dit ça, on n’a pas dit grand chose. Contrairement à l’idée reçue, les réseaux sociaux, l’internet, ne sont pas à l’origine de nos querelles incessantes, ce ne sont que des réceptacles, des espaces où s’expriment les mal-êtres de la société et, surtout, de ceux qui n’y retrouvent plus leurs petits. Il suffit d’étudier un tant soit peu la Révolution française ou d’autres périodes troublées, pour s’apercevoir que nous n’inventons rien et que la baston n’est qu’un des symptômes révélateurs de ces moments entre-deux qui séparent une époque d’une autre.

Notre époque est donc foutraque, c’est entendu, mais parce qu’elle se cherche des voies de sortie d’un système qui ne répond plus aux besoins, aux réalités passés. De ces périodes il ne sort jamais rien de bon d’entrée de jeu. On passe d’abord par des grands désordres totalitaires générés par ceux qui détiennent un pouvoir, quel qu’il soit, et qui désirent le garder au nom d’un privilège dont ils se croient porteurs par dieu, le peuple, la loi… Enfin un tas de conneries structurelles qui seront remplacées par de nouvelles conneries et qui répondront aux besoins pendant un moment. C’est toujours comme ça, il n’y a pas d’exemples contraires.

Des rapports de force se rigidifient, se radicalisent, se replient et le dialogue, le consensus deviennent impossible. Alors on se bastonne. Chacun se croyant légitime à le faire soit parce qu’il possède l’armée et la police, soit la force populaire, soit le savoir sacré ou intellectuel… Enfin bon, c’est le bordel ! Et l’Histoire se termine toujours de la même manière: Les monstres naissent, ils poussent le bouchon trop loin et ils se font buter pour laisser place à des périodes relativement courtes de paix, de progrès humains (à ne pas confondre avec le progrès mécanique ou technologique) et on avance de deux ou trois pas… et au quatrième ça recommence. C’est chiant mais c’est comme ça que ça fonctionne.

Les médias sont censés être des médiateurs, des espaces d’expression pour réfléchir, se poser, prendre un peu de temps pour dénouer un peu tout ça. Non parce que les journalistes, les intellectuels etc sont plus intelligents que tout le monde mais juste parce qu’ils ne savent pas faire autre chose et qu’il faut bien à l’ultracrépidarianisme azimuté une alternative un peu calme… Une sorte de bistrot tranquille. Voilà, c’est ça un média: un bistrot tranquille. Malheureusement, une partie des médias font plutôt dans le genre « café du commerce » et c’est bien navrant… « En même temps » personne n’est obligé de les regarder, les lire, les écouter, mais c’est un autre débat.

In gap, est un mélange d’une locution latine accolée à un mot français d’origine anglaise et l’ensemble veut dire: ce qu’il y a entre deux bords, deux côtés, deux clivages… C’est ce qu’il y a dans le fossé qui sépare les anti et les pro tout. Voilà pourquoi nous ne mettons pas de majuscule à Gap, sinon nous serions ce que nous avions été: un journal d’actu locale , ce que nous ne sommes plus (vous suivez?) et c’est la raison pour laquelle nous avons mis fin à « La nouvelle commune ». Nos problèmes, nos débats, nos infos locales sont les mêmes que dans le reste du monde. Et comme il y a déjà des cafés du commerce dans le 05, nous nous sommes dit qu’il serait plutôt utile de proposer un « bistrot tranquille » pour causer des grands maux avec des mots de tous les jours entre nous… à la bonne franquette, sans se prendre la tête.

La nature de nos cages

Tous nos débats, nos bastons, il faut bien se l’avouer, résultent de principes qui, s’y on y réfléchit bien, n’ont pas vraiment de consistance. Ce sont des choses acquises au fur et à mesure, empilées, entassées auxquelles ont croit dur comme fer mais en réalité ça ne tient sur rien. C’est quand même du vent… Nous sommes une espèce invasive, parasite et qui domine uniquement pour sa survie. Si on creuse un peu, même pas très profondément, nous ne sommes pas plus ni moins important qu’un ver de terre ou une pâquerette. On se bidonne un peu uniquement pour se donner un genre mais en réalité… Il y a toutes les chances que l’univers, le cosmos, les molécules ne savent pas qu’on existe et s’en contrefoutent royalement. Notre existence n’intéresse que nous-mêmes. On y colle de la morale, de la crainte des cieux et quand ça ne marche plus, on y colle de la science, de la raison… Mais tout ça n’est que de la poésie subversive pour se donner un peu de contenance et et se dire que, malgré tout, on mérite d’être là, ce qui est très discutable.

Il se trouve qu’une partie de notre espèce est plus dominante que l’autre et a un besoin psychologique de détenir, s’approprier, s’accaparer, du pouvoir par quelque bout que ce soit: de l’argent, des places, de l’autorité etc… LA grande majorité d’entre-nous se contente de vivre simplement avec les jolies choses qui nous entourent et on aimerait bien avoir la paix. On participe souvent parce qu’on s’emmerde un peu et puis qu’on ne veut pas se sentir isolé de la grande tribu humaine. Alors on donne notre avis mais au fond… On n’en pense pas moins et rarement plus. Et si on faisait le tour de nos cages, on s’apercevrait très vite qu’elles n’en sont pas en réalité et qu’on peut s’en échapper très facilement.

L’inconvénient… C’est que l’infime partie vénale et cupide, la partie déviante de notre espèce, salope tout et rend notre environnement de moins en moins vivable. Pour qu’on l’accepte, cette partie créé des illusions, des distractions, des conforts qui nous endorment et nous participons, à l’insu de notre plein gré parfois, à la destruction de notre espace vital. Mieux encore, ils s’arrangent pour faire du profit sur nos guerres lasses. Ils nous embrouillent, nous divisent et accumulent de nouvelles richesses, de nouveaux pouvoirs sur notre « naïveté » somme toute reptilienne, notre simplicité. Donc, non seulement nous participons a alimenter la destruction de notre espace vital mais pire… Nous faisons le jeu de nos propres soumissions. C’est la raison pour laquelle nous ne parlerons jamais dans in-gap de méchants d’un côté et de gentils de l’autre mais bien de notre responsabilité collective, commune, dans ce qui nous arrive. Je sais… Vous allez dire « ouai mais t’as dit que les puissants étaient des désaxés »… Certes… Mais c’est nous tous qui leur donnons le pouvoir qu’ils possèdent. C’est nous qui l’acceptons, qui l’alimentons et le légitimons. Et pire encore… En chacun de nous il y a cette force déviante possible. L’histoire, reconvoquons là, nous a montré que l’idéal nous corrompt et que nous sommes capables aussi du pire.

Revenons-en à notre époque fort minable: Nous devons interroger le rôle du média. Sommes-nous là pour diffuser la propagande du pouvoir, alimenter les peurs du peuple, ou bien, et c’est notre choix (comme disait…) parler de ce qui coule entre deux clivages afin qu’un dialogue tranquille s’installe et qu’on se parle pour trouver une voie de sortie (?). Il se trouve qu’au milieu de nos bastons, il y a de belles choses qui inventent, réinventent, créent recréent et qu’il y a matière à montrer, démontrer, pour dépasser ce qui nous sépare. Il y a une urgence écologique qui doit se défaire de nos clivages, nos disputes, pour sortir de notre condition d’animal vraiment crado dans laquelle nous nous complaisons… Tous ! Nous aussi !

Nous allons beaucoup parler d’écologie, de féminisme (la mère des combats), de poésie, de littérature… Avec notre regard et comme aucun de nous n’a de cursus universitaire, nous le ferons hors des formats habituels et standardisés et nous espérons que ça vous informera. Pour faire vivre notre média, nous allons mettre une boutique en ligne (qui fera partie de ce site) où nous vous proposerons des ouvrages, des objets liés à notre travail photographique, notre premier métier. Elle sera ouverte mi-octobre. Nous avons laissé quelques articles de « La nouvelle commune » en archives. Nous publierons les articles au fur et à mesure des jours et des envies, et chaque mois vous pourrez consulter le mag entier, via le site Calameo, que vous pourrez imprimer.

Nous ne ferons plus d’actu ni de politique politicienne mais nous parlerons d’initiatives locales et nous avons la chance d’avoir des énergies humaines très actives sur notre bout de terrain haut-alpin. Cependant, nous parlerons aussi d’initiatives d’ailleurs et nous diffuserons notre média au delà de nos frontières… Et qu’on se le dise: On n’aime pas les frontières ! Ne vous étonnez donc pas de voir de temps à autre des articles bilingues. Le Monde est un tout et là où tu mets tes pieds, ce que tu vois, ce que tu sens… C’est partout dans la banlieue d’une bien jolie galaxie.

Ah si ! Une dernière chose… Ne nous prenez pas au sérieux, nous avons beaucoup de défauts mais pas cette arrogance là 😉

La rédaction

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