search instagram arrow-down

Abonnez-vous gratuitement

Chaque jeudi vous recevrez notre lettre d'info avec les derniers articles mis en ligne.

Suivez-nous

Contact rédaction

Tél: 07 69 80 97 95

Courriel: ingapmag@gmail.com

 

Abonnez-vous gratuitement

Chaque lundi vous recevrez la lettre d'info avec les derniers articles.

Contact rédaction

0769809795

Suivez-nous

Mentions légales

Archives

Pour faire suite au premier article que nous avions consacré à l’étude observationnelle mise en ligne le 26 mars par l‘IHU d’Aix-Marseille, il nous a semblé intéressant de faire un tour d’horizon sur le résumé de la dernière étude publié le 9 avril.

Emmanuel Macron rend visite au professeur raoult et ses équipes (Ressource gomet)

Nous avons sollicité Michel Pons (notre Michel Chevalet à nous) pour nous en faire une traduction et un « résumé naïf »:

Nous précisons que ce résumé n’a évidemment pas pour but de donner un avis éclairé sur l’efficacité du traitement proposé par l’IHU. Nous n’en avons ni le souhait, ni les moyens. Nous ne sommes ni médecins, ni biologistes. Nous ne faisons bien entendu aucune publicité pour l’IHU (La NC ne possède d’ailleurs aucune part de société de quelque nature que ce soit). Il se trouve que l’IHU rend public ses résultats de recherche en mettant en ligne (en avant première) des « preprints », autrement dit des articles qui seront ensuite publiés dans des revues scientifiques. Cette démarche n’est pas si courante dans le monde de la recherche et cela devrait permettre au « grand public » d’accéder à des informations scientifiques non anecdotiques et non brouillées par du sensationnalisme médiatique.

La Nouvelle Commune se propose simplement de donner quelques éléments pour essayer de rendre plus accessible la démarche et les résultats publiés de l’IHU à qui veut se donner la peine de comprendre au moins dans les grandes lignes les termes spécifiques à la biologie et à la médecine.

L’IHU a publié (en anglais) le 9 avril un résumé (et cette fois un résumé seulement) de leur dernière étude sur leur traitement du COVID. Nous avons traduit ce résumé.

Quoi de nouveau par rapport à l’étude précédente ?

L’étude porte cette fois sur une grande cohorte de 1061 patients COVID (au lieu de 80 dans le précédent travail).

Le traitement utilise les mêmes molécules : hydroxychloroquine et azithromycine.

Le tableau fourni avec le résumé met en évidence une plus grande diversité de cas de figure mais la tendance en terme de réduction de la charge virale et de réduction de symptômes est en gros la même que celle observée dans l’étude sur 80 patients (973 patients « annoncés guéris en 10 jours »). On note  une explication du mauvais résultat obtenu chez quelques patients (faible concentration sérique en hydroxychloroquine) par un mécanisme lié à des traitements de maladie cardiovasculaire (bêtabloquants, statines) réduisant ou empêchant l’action de l’HCQ. Par ailleurs la mortalité (5 personnes décédées) est évidemment également liée au grand âge.  

Une « nouveauté » : une quantification de la validité statistique de leurs résultats est donnée par l’utilisation de la valeur p (« p-value »), une valeur de p faible (par exemple p< 0,01 ) indiquant qu’il y a une très forte présomption contre l’hypothèse nulle, autrement dit que la probabilité d’obtenir de tels résultats avec un autre traitement est très faible (voir lexique).

Par ailleurs on est maintenant plus proche de la loi des grands nombres (plus de 1000 patients) et donc de quelque chose de statistiquement significatif. L’utilisation du paramètre p-valeur semble intéressant mais on ne peut guère commenter davantage dans la mesure où le document n’est constitué que d’un  court résumé et d’un tableau. Un document complet (comme pour l’étude sur 80 patients) aurait évidemment été nettement plus parlant.

On remarquera qu’à nouveau l’IHU n’a pas choisi de réaliser un protocole en double aveugle (ce qui lui sera certainement reproché du point de vue des « canons » de la recherche médicale) et donc de continuer à traiter tous les patients, ce qui à l’inverse peut être mis en positif en terme de démarche hospitalière.

Un critère de validité scientifique (dans tous les domaines de la science expérimentale, médecine, biologie, physique, chimie…) est la nécessaire reproductibilité des résultats non seulement (dans le temps) par l’équipe de recherche elle même mais par plusieurs autres équipes extérieures à la première. Le résultat d’une expérience dépendant souvent fortement des conditions initiales (l’IHU précise que le traitement doit être mis en œuvre immédiatement après le diagnostic) , une des difficultés est peut être que ce paramètre ne soit pas toujours bien facile à identifier et à maîtriser si on se place dans la perspective de travaux d’autres entités de recherche.

Il faut espérer que l’on puisse rapidement conclure sur cet aspect de reproductibilité par d’autres équipes*

Par ailleurs un document complet sur cette étude sera le bienvenu pour donner davantage d’éléments pour éclairer notre lanterne de non spécialistes. 

Michel Pons

*une étude randomisée est actuellement menée par les équipes du chu de Montpellier coordonnée par le Professeur Jacques Reynes. Elle porte sur 150 patients.

Professeur Jacques Reynes-CHU de Montpellier

L’étude de l’IHU traduite par nos soins:

Traitement précoce de 1061 patients COVID-19 par l’hydroxychloroquine et l’azithromycine, Marseille, France
Matthieu Million, Jean-Christophe Lagier, Philippe Gautret, Philippe Colson, Pierre-Edouard Fournier, Sophie Amrane, Marie Hocquart, Morgane Mailhe, Vera Esteves-Vieira, Barbara Doudier, Camille Aubry, Florian Correard, Audrey Giraud-Gatineau, Yanis Roussel, Cyril Bellenger, Nadim Cassir, Piseth Seng, Christine Zandotti, Catherine Dhiver, Isabelle Ravaux, Christelle Tomei, Carole Eldin, David Braunstein, Hervé Tissot-Dupont, Stéphane Honoré, Andreas Stein, Alexis Jacquier, Jean-Claude Deharo, Eric Chabrière, Anthony Levasseur, Florence Fenollar, Jean-Marc Rolain, Yolande Obadia, Philippe Brouqui, Michel Drancourt, Bernard La Scola, Philippe Parola, Didier Raoult 

9/04/2020

Titre en français 

Traitement précoce de 1061 patients COVID-19 par l’hydroxychloroquine et l’azithromycine, Marseille, France

Résumé (en français)

Contexte

Dans une enquête récente, la plupart des médecins du monde entier ont estimé que l’hydroxychloroquine (HCQ) et l’azithromycine (AZ) sont les deux médicaments les plus efficaces parmi les molécules disponibles contre le COVID-19. Néanmoins, à ce jour, un seul essai clinique préliminaire a démontré son l’efficacité sur la charge virale. En outre, une étude clinique portant sur 80 patients a été publiée et l’efficacité in vitro de cette association a été démontrée.

Méthodes

L’étude a été réalisée à l’IHU Méditerranée Infection, Marseille, France. Une cohorte de 1061 patients COVID-19, traités pendant au moins 3 jours avec la combinaison HCQ-AZ et un suivi d’au moins 9 jours a fait l’objet d’une analyse systématique. Les critères d’évaluation étaient la mort, l’aggravation de l’état du patient et la persistance de l’excrétion virale.

Résultats

Du 3 mars au 9 avril 2020, 59655 échantillons provenant de 38617 patients ont été testés pour COVID-19 par PCR. Sur les 3165 patients positifs placés sous la responsabilité de notre institut, 1061 patients non publiés auparavant répondaient à nos critères d’inclusion. Leur âge moyen était de 43,6 ans et 492 étaient des hommes (46,4%). Aucune toxicité cardiaque n’a été observée.

Un bon résultat clinique et une guérison virologique a été obtenue chez 973 patients en 10 jours (91,7 %). Un transport prolongé du virus à la fin du traitement a été observé chez 47 patients (4,4 %) et a été associé à une plus grande charge virale au moment du diagnostic (p < 10 -2 ) mais la culture virale était négative au jour 10 et tous sauf un avaient un PCR négatif (pas de détection de virus) au 15ème jour. Un mauvais résultat a été observé pour 46 patients (4,3 %) ; 10 étaient transférés aux unités de soins intensifs, 5 patients sont décédés (0,47 %) (74-95 ans) et 31 ont nécessité 10 jours d’hospitalisation ou plus.

Parmi ce groupe, 25 patients sont aujourd’hui guéris et 16 sont encore hospitalisés (98% des patients ont été guéris à ce jour). Les mauvais résultats cliniques ont été significativement associé à un âge plus avancé (OR 1.11), à une gravité initiale plus élevée (OR 10.05) et à une faible concentration sérique en hydroxychloroquine. 

En outre, les mauvais résultats cliniques et virologiques ont été associés à l’utilisation d’agents bêta-bloquants sélectifs et de bloqueurs de récepteurs d’angiotensine II (p < 0,05). La mortalité était significativement plus faible chez les patients qui avaient reçu 3 jours de HCQ-AZ que chez les patients traités avec d’autres programmes de traitements à la fois à l’IHU et dans l’ensemble des Hôpitaux publics de Marseille (p< 10 -2 ).

Interprétation

La combinaison HCQ-AZ, lorsqu’elle est mise en œuvre immédiatement après le diagnostic, est un moyen sûr et efficace pour le traitement de COVID-19, avec un taux de mortalité de 0,5%, chez les patients âgés. Il évite l’aggravation et élimine la persistance et la contagiosité du virus dans la plupart des cas.

ndlr: Nous ajoutons le lexique suivant pour mieux comprendre les termes et abréviations:

Lexique (ajouté par la Nouvelle Commune)

COVID-19 : Coronavirus disease 2019,   maladie infectieuse émergente causée par une souche de coronavirus appelée SARS-CoV-2.  

SRAS COV-2 : coronavirus responsable de la maladie infectieuse COVID-19

CT (Computed Tomodensitometry) imaging : imagerie par tomodensitométrie = scanner

Test PCR : Test biologique par polymérisation en chaîne permettant de déceler la présence notamment de virus et de mesurer la concentration (charge virale), de l’anglais Polymerase Chain Reaction 

ARN : Acide RiboNucléique (RNA en anglais)

IQR (InterQuartile Range) : Ecart interquartile = différence entre le troisième et le premier quartile 

Quartile :  En statistique descriptive, un quartile est chacune des trois valeurs qui divisent les données triées en quatre parts égales, de sorte que chaque partie représente 1/4 de l’échantillon de population. 

Service ID (infectious deseases) : service des maladies infectieuses

URTI (Upper Respiratory Tract Infection) : infection des voies respiratoires supérieures

LRTI (Upper Respiratory Tract Infection) : infection des voies respiratoires inférieures

NEWS score : National Early Warming score :  critère national d’alerte précoce

Crazy paving pattern : figures (imagerie) obtenues en tomographie (scanner) spécifiques de certaines pathologies.

LDCT (Low Dose Computed Tomography) : tomodensitometry à faible dose (scanner)

MEB : Microscope Electronique à Balayage

RT-PCR(Reverse Transcription Polymerase Chain Reaction )  : une variante de PCR

ECG : électrocardiogramme

Ct : Cycle de seuil : mesure relative de la concentration de la cible dans une mesure PCR

Le Ct ou Cp correspond point seuil pour lequel le signal de fluorescence est significativement supérieur au bruit de fond, c’est-à-dire au nombre de cycles minimal pour lequel l’ADN (ici l’ARN) amplifié est détectable. Ce point est atteint en début de phase exponentielle. Plus la quantité d’ARN initiale sera faible, plus le Ct sera élevé. Donc la concentration en virus va en sens inverse du Ct.

Ct élevé peu de virus, échantillon négatif, Ct faible beaucoup de virus, échantillon positif (seuil à 35 dans la manip de l’IHU)

QTc : données électrique de l’électrocardiogramme, intervalle entre le début de l’onde Q et la fin de l’onde. Le QT d’une personne en bonne santé est de 440  millisecondes.

Paramètre p , valeur p : la p-value est utilisée pour quantifier la significativité statistique d’un résultat dans le cadre d’une hypothèse nulle. L’idée générale est de prouver que l’hypothèse nulle n’est pas vérifiée car dans le cas où elle le serait le résultat observé serait fortement improbable. Il s’agit à ce titre d’une extension du principe de preuve par l’absurde.

En statistiques l’hypothèse nulle est une hypothèse postulant l’égalité entre des paramètres statistiques (généralement, la moyenne ou la variance) de deux échantillons dont elle fait l’hypothèse qu’ils sont pris sur des populations équivalentes.

Elle est toujours testée contre une hypothèse alternative qui postule soit la différence des données (test bilatéral dans ce cas), soit une inégalité (plus petit que ou plus grand que) entre les données (test unilatéral). 

Un résultat statistiquement significatif est un résultat qui serait improbable si l’hypothèse nulle (qui représente en général la norme) était vérifiée. Il en résulte donc que l’hypothèse nulle ne s’applique pas au résultat observé et donc que le cas étudié diffère de manière notable de la norme et ainsi présente un intérêt particulier. A titre d’exemple, imaginons que l’on connaisse la loi répartissant le poids des gens d’une population en surpoids et qu’on teste un traitement « minceur » sur un groupe de personnes. On évalue le poids moyen du groupe après le traitement et on vérifie avec la loi initiale si le résultat est probable ou improbable. S’il est « improbable », le traitement est efficace.

Si p < 0,01 très forte présomption contre l’hypothèse nulle

Si 0,01 < p< 0,05 forte présomption contre l’hypothèse nulle

Selective beta-blocking agents : un bêta-bloquant est un médicament utilisé en cardiologie qui bloque l’action des médiateurs du système adrénergique tels que l’adrénaline. … Ce type de médicament peut être utilisé pour le traitement de la maladie coronarienne ou de l’hypertension artérielle. 

Angiotensin II receptor blockers : les ARA (abréviation d’antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II) sont principalement utilisés pour traiter l’hypertension artérielle et l’insuffisance cardiaque. 

Biguanides : les biguanides réduisent l’hyperglycémie des patients diabétiques de type 2 en augmentant l’action de l’insuline. La metformine est le seul biguanide étudié de façon extensive et disponible dans le monde entier. 

HMG CoA reductase inhibitors : les statines (ou inhibiteurs de la HMG-CoA réductase) forment une classe d’hypolipémiants, utilisés comme médicaments pour baisser la cholestérolémie, notamment en maladie cardiovasculaire à cause de leur hypercholestérolémie. 

Dihydropyridine derivatives : les dérivés de la dihydropyridine sont simplement appelés dihydropyridines, et sont une classe de médicaments antagonistes du calcium; elles sont utilisées dans le traitement de l’hypertension artérielle et de l’angine de poitrine.

Print Friendly, PDF & Email