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Nous avions beau le dire, le crier, lever le poing, nul n’entendait la longue plainte des lucidités amères qui remettait en cause les incantations des élites.

Ces derniers, sûrs de leur fait, suggéraient que parce qu’il était inscrit que tout irait bien, cela se passerait ainsi. Ils voyaient des paradis mais niaient qu’il fallait des enfers pour qu’ils existent. Ils pensaient qu’il suffirait de peindre quelques cotons de nuages sur un fond bleu et d’y coller un rond jaune pour que tout devienne paisible.

On les voyait danser sur les rythmes du marché caquetant des prières boursières et tous les pillages, les ravages étaient évacués comme par magie. D’autres laissaient espérer qu’on pourrait changer la danse et taper sur des peaux végétales tous vêtus de sentiments bienveillants mais l’équation ne change pas: pour un paradis il faut mille enfers ! Pour que tout ira bien (sic) il faut sous la surface des choses qu’un milliard de petites mains alimentent la racine afin qu’exhale le parfum des roses.

Le progrès s’est trompé de chemin et à préféré les grandes routes à péages surpeuplées et dénuées des plaisirs de la perdition. Croire que manquant la sortie, il suffit de prendre la prochaine et faire le chemin à l’envers n’est qu’une illusion: C’est le même sens. ou bien il suffirait de changer le sens de rotation des aiguilles d’une montre pour gagner du temps.

Notre société moderne est comme ce cargo échoué sur des ruines d’un rêve éperdu et que nous regardons comme s’il s’agissait d’un bienfait qui nous est dû. Et si on arrêtait de vouloir changer le monde? Je veux dire… Si tous arrêtions de vouloir le changer? S’il n’y a plus de paradis alors il n’y a plus d’enfer. La vie est là, à notre portée d’instants présents et rien n’y progresse ni s’y conserve. Nous allons tous mourir, c’est une donnée inéluctable et indépassable et sans laquelle la vie ne serait qu’une route à péage sur laquelle nous tournerions avec pour seule fonction que d’alimenter nos illusions.

Xavier Chanoine

« Je sais moi, des sorciers qui invoquent les jets
Dans la jungle de Nouvelle-Guinée
Ils scrutent le zénith
Convoitant les guinées que leur rapporterait le pillage du fret
Sur la mer de corail

au passage de cet appareil
Ces créatures non dénuées de raison
Ces papous
Attendent des nuées
L’avarie du Viscount
Et celle du Comet

Et comme leur totem n’a jamais pu abattre à leurs pieds
Ni Boeing ni même D.C. Quatre
Ils rêvent de hijacks
Et d’accidents d’oiseaux

Ces naufrageurs naïfs
Armés de sarbacanes
Qui sacrifient ainsi au culte du cargo
En soufflant
Vers l’azur
Et les aéroplanes
« 

Serge Gainsbourg

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